Quand la chair se fait verbe

 

Robert Brès m’a demandé de parler de mon parcours de médecin somatique à médecin psychothérapeute.

Mon parcours a commencé dans des sentiers battus, comme médecin  endocrinologue-nutritionniste, Je suis actuellement médecin-psychothérapeute à la maison des adolescents. Avec mes patients, nous travaillons entre autre sur les rêves.

Je viens d’une famille de médecins où la vision du corps-malade rejoint une vision classique dans notre société : le corps d’un coté, la pensée de l’autre. La maladie frappe le corps à l’aveugle. Elle est identifiée comme celle que l’on doit combattre.

Dans ma vie, je n’ai pas fait que médecine. J’ai commencé à pratiquer l’aïkido à 17 ans. Pendant mes études de médecine, je pratiquais cet art martial 6 à 8h par semaine, art de la non-violence, mais non de la passivité. L’énergie agressive de l’autre est absorbée pour le déstabiliser. L’engagement de l’être est total.

Presque tous les soirs, je montais sur un tatami. La première demi-heure était particulière : j’étais là physiquement, totalement en alerte, je pouvais pressentir l’imminence de l’attaque, parfois l’anticiper. Et d’une certaine manière, j’étais aussi absente : je laissais le corps faire, et l’instinct me gouverner. Je n’étais ni causante, ni chaleureuse, ni accueillante. Le corps bougeait et lors de la pratique de cet art, revenait en moi de façon spontanée l’image de certains de mes patients dont la souffrance psychique avait envahi mon propre champ. L’attaque de mon adversaire faisait résonner en moi l’agression psychique que représentait la maladie de mes patients.

L’effort physique d’une part, et l’art de l’aïkido d’autre part, provoquaient une sorte de catharsis, le corps mobilisait les émotions engrammées pour les métaboliser. L’activité physique me servait d’exutoire au stress psychologique. L’aïkido, qui transmutait les charges psychiques, complétait ce travail.

Je fis là ma première psychothérapie sans le savoir. Une psychothérapie spontanée, par le corps, qui était la bienvenue. Ce moyen, qui peut paraître anodin, m’était essentiel à ce moment où rien dans les hôpitaux n’était proposé aux soignants pour réguler ce qui, je l’apprendrai plus tard, s’appelle le contre-transfert.

Je comprends par cette pratique la capacité qu’a le corps de transformer et de réguler par lui-même les émotions.

Le docteur Elisabeth Kubbler-Ross a fait une description clinique des émotions que traversent des personnes en fin de vie : le déni, la colère, la tristesse, l’acceptation.

Il y a une transformation de l’émotion, dans un processus naturel, que nous vivons tous dans le banal du quotidien, dans nos deuils successifs sans que nous ne contrôlions rien. Bien sûr, nous pouvons aussi rester bloqués dans une émotion lorsque celle-ci est trop forte.

A la fin de  mon l’internat, j’ai choisi de me spécialiser en endocrinologie parce que l’étude de la communication intercellulaire me fascinait. Comment ce chef d’orchestre, qu’est l’hypophyse, peut réguler des organes à distance. Comment un dialogue pouvait s’établir entre deux organes pour faire régner une harmonie corporelle. On peut voir l’interaction entre les cellules comme une métaphore du relationnel, où l’autre est considéré comme un sujet avec ses besoins, ses pensées, son originalité. De ce point de vue, le corps n’est pas une simple mécanique, mais il a une intelligence propre de sa normalité et de ses défaillances, hors du mental. Cette intelligence du corps me dépasse, et m’émerveille.

 

A la fin de mes études, je deviens assistante dans un service d’endocrinologie. Malheureusement, la pratique concrète de cette discipline ne répondait pas à mes attentes, les interrogations philosophiques qui me portaient, autour de cette intelligence du corps, n’y trouvaient aucun écho. Le coté répétitif des consultations, leur aspect purement technique, m’éloignaient de la médecine somatique. Régulièrement, je me faisais la réflexion qu’un ordinateur aurait été plus efficace, pour le rappel de la prescription d’un fond d’œil ou d’une HBA1C. Après avoir examiné pieds et dents, palpé les pouls distaux de ces patients, il ne me restait plus de temps pour parler du diabète qui leur rongeait le corps et l’âme, ni de leur vécu face à la maladie.

Il y a eu une progression : j’ai été amenée à animer des sessions d’éducation thérapeutique non pas pour soigner un diabète, mais un sujet. Là, je me suis confrontée à de nombreux rébus. Il ne suffisait pas d’apprendre un savoir-faire aux patients pour qu’ils le mettent en pratique. Autre chose intervenait, une attitude, un comportement qui faisait échouer la prise en charge par eux-mêmes de ce que je tentais de leur transmettre. Ces comportements de barrage des patients étaient critiqués par les internes ou les infirmières. Je n’étais pas moi-même épargnée par ces mouvements d’humeurs, mais j’avais l’intuition qu’autre chose se jouait derrière les résistances des patients.

Je pense ici à une patiente dont le diabète échappait au traitement oral, et qui refusait l’insuline. Au bout de quelques jours, j’ai fini par comprendre que sa mère était morte après une injection d’insuline. Celle-ci avait décompensé son diabète au décours d’une maladie aigüe, puisque le diabète se déséquilibre fortement en cas de stress. C’est de sa maladie qu’elle était morte, et non de l’injection d’insuline, au contraire de ce que pensait notre patiente.

A cette époque, j’ai intégré l’idée que derrière un comportement, il peut y avoir une croyance de santé, une charge psychique, et que l’on ne peut pas l’ignorer. Le corps parle de cette croyance à travers un comportement lorsqu’il ne peut pas la mettre en mots. On ne peut pas faire l’économie de comprendre ces raisons profondes.

Je décide alors de me former pour animer au mieux ces ateliers.  Je choisis, un peu au hasard, une formation privée, généraliste : j’aborde la PNL, la Programmation Neurolinguistique, dont je retiens un premier grand principe : « derrière tout comportement, il y a une intention positive. » La triade cognition – émotion - comportement devient plus claire pour moi.

 

Dans le même temps, j’assiste aux consultations d’un psychiatre, d’inspiration psychanalytique, Bernard Waysfeld. Ses consultations rythment mes semaines, c’est une respiration dans un monde très techniciste et pour moi desséchant. Il s’occupe  de patients obèses. Nous examinons ensemble essentiellement des femmes, plus ou moins âgées, souffrant d’un excès variable de corps, de troubles du comportement alimentaire, ou de troubles de l’image corporelle.

J’apprends par lui que nombreuses sont celles chez qui la maladie a pris la voie psychosomatique, parce qu’elles n’arrivent pas à mettre des mots sur leurs maux. Du coup, leur corps parle, pour suppléer à leur alexythymie. Le peu qu’elles disent en consultation, le docteur W le reprend, le conte comme une histoire. Elles rient en l’entendant parler d’elles. Il décrit leurs mouvements intérieurs. « C’est exactement ça » disent-elles. Rires de soulagement, bien être de se comprendre et de se sentir comprises.   

Elles n’ont pas les mots à mettre sur leur vie, leurs attitudes ou leurs mouvements intérieurs, à cause de leur grande confusion. Mais écouter ainsi leurs propres histoires les rend à leur humanité. Ce ne sont pas des histoires que l’on raconterait sur elles, mais leur histoire. Leurs mouvements corporels, leurs rires libérateurs, leurs  réflexions montrent qu’elles adhèrent, non pas à un discours, à une hypothèse qu’on plaquerait sur leur cas, mais qu’elles se retrouvent dans les mots de BW.

A travers l’expérience de cette consultation conjointe, je rencontre la mise en mot, en récit des maux, je prends conscience de l’importance  du langage.

Une phrase de BW chemine en moi : « le corps, c’est de l’inconscient. »

 

J’entame, parallèlement, une analyse avec un thérapeute atypique. Il me bombarde de questions ce qui provoque en moi une ouverture de l’inconscient, expérience à la fois passionnante et déstabilisante.

L’analyste met le mot juste sur ce qui m’agit à mon insu. Mon histoire se tisse et se retisse, le langage est l’aiguille qui redessine la trame, la sort du chaos dans laquelle elle est prise. Peu à peu, je commence à mettre des mots sur ma vie et à en acquérir de nouveaux. J’enrichis mon langage.

La PNL m’a apporté une clarté dans ma pensée, la psychanalyse m’apportera une profondeur. La question du sens me paraît fondamentale. Non pas un sens rapidement jeté sur la chose, comme on jette un par-dessus sur nos épaules, pour se protéger et tenter de gagner quelques chaleurs, mais un sens trouvé dans la profondeur de nos êtres.

Les TCC, dont la PNL fait partie, et la psychanalyse sont actuellement au centre d’un débat fervent, voir violent, où domine une position où l’esprit serait lié à la matière.

Finalement, la question qui sous-tend ce conflit TCC/psychanalyse n’est-elle pas une question éthique : l’esprit est-il du corps, ou fait-il partie du corps ? Autrement dit : a-t-on un corps ou habite-t-on un corps ?

Je n’ai pas de réponse à apporter à cette controverse,  Elle ne peut être que le fruit d’un cheminement personnel. Cette croyance que le nouveau-né serait comme une page blanche où il aurait tout à écrire à partir de sa naissance à partir soit des gènes de ses parents, soit de leur comportement, ou de leur inconscient me paraît étonnante. Cet enfant passerait donc 9 mois in utero à se nourrir uniquement du sang de sa mère, mais pas de ses humeurs ?

Ou est-ce que le nouveau-né nait dans une matrice psychique préformée ? C’est-à-dire formée de toutes ces émotions qui nous   traversent, et peut-être surtout de celles qui sont en inflation et qui pilotent nos comportements à notre insu. Désir de reconnaissance, désir de réussite, ou inflation de la dépression, du tragique de la vie, de la dévalorisation, etc., etc...

 

Je reviens à mon parcours ; en 2005, l’intérêt que je porte aux problématiques psychiques de mes patients se heurte à l’incompréhension de mon chef de service.

J’arrête mon activité médicale, je reprends diverses formations comme l’analyse symbolique dont le matériau est le rêve, puis m’installer comme thérapeute.

L’exercice est difficile :

Aucun de nous n’est à l’abri des projections où l’imaginaire gouverne : nous imaginons ce que le patient vit. « La nature n’aime pas le vide, tout le monde y va de sa petite histoire, disait BW. »

Et il y a le risque de projeter une théorie sur le patient, se plaçant dans une position d’expert qui sait mieux que l’autre.

Finalement, l’important n’est pas la théorie dans laquelle on risque de s’empêtrer, mais bien plus notre façon de penser l’autre.

Un de mes formateurs avait reçu le rêve suivant alors qu’il était lui-même en formation : « J’achète les cassettes des cours, mais en ouvrant les boitiers, je me rends compte qu’ils sont vides. Je vais voir la vendeuse, celle-ci me rétorque que cela est juste. » C’est donc l’essence de cet enseignement symbolisée par le boitier, qu’il lui était demandé d’intégrer, comment mettre en œuvre une pensée et non pas utiliser un prêt-à-penser qu’il pourrait appliquer mécaniquement sur ses patients.

D’un coté le thérapeute et certains écueils auxquels il pourrait se confronter dans sa pratique, et de l’autre, le sujet que le thérapeute tente de rencontrer. 

L’être humain est souvent clivé de son inconscient, avec un discours de surface fait de rationalisations, de fausse-croyances, de faux-semblants, d’injonctions parentales ou sociétales. La rencontre avec l’inconscient prend du temps.

De plus, le sujet n’a souvent pas le champ lexical pour se raconter : les mots pour se dire. J’en ai déjà parlé.

Dernier écueil, lorsque la charge émotionnelle est forte, il y a souvent un échec du langage. La psychanalyse, les TCC parlent de la qualité de l’affect, difficilement de la quantité. Freud a parlé du quantum affect, mais ce concept n’a pas été développé. Nous ne pouvons évaluer que subjectivement l’importance de ces charges psychiques. Pourtant, quand elles sont importantes, elles peuvent déferler sur le moi du sujet qui est dépassé, même s’il comprend intellectuellement ce qui se passe.

Par exemple, le rêve de ce jeune de 13 ans et demi : « Dans un endroit où il faisait froid, de la neige. Quelques maisons en bois, vides, de la neige partout. Un grand bonhomme de neige au milieu de tout ça, avec une forme bizarre, plein de petites boules de neiges qui le composait. Il se penchait vers moi. Pas vraiment d’expression, pas une tête de bonhomme de neige, comme s’il était vivant. Il me regardait avec ses yeux (deux trous noirs dans la tête). Je me suis senti gelé dans tout le corps, et comme attiré. Quand j’ai avancé et tendu les bras vers lui, j’ai senti comme une explosion de glace, mes bras étaient gelés, le froid en lui-même me brise. Je me suis réveillé en sursaut. »

Je ne vais pas interpréter ce rêve, mais il fait froid dans le dos. Il montre ce que vit ce jeune dans sa réalité psychique. Il est littéralement possédé par une dévalorisation qui à la fois lui fait lire tout événement de sa vie comme un échec et provoque de l’échec (le bonhomme de neige). Dans le quotidien, ses comportements mettent à mal la patience de son entourage, qui lui prête des intentions manipulatrices. Si l’on ne prend pas en compte ces charges psychiques colossales qui l’envahissent et si l’on ne comprend pas qu’il n’a pas d’intentions sous-jacentes, on ne peut pas accompagner ce jeune. L’analyse de son rêve permet d’avoir de l’empathie pour lui, càd de comprendre ce qu’il vit dans son intériorité, de le lui renvoyer et de l’accompagner pour prendre de la distance, pour relativiser. Mais chez lui, à cause de l’intensité de ces charges psychiques, la parole, bien que nécessaire, ne permet pas une différenciation.

 

Nous avons donc le thérapeute d’un coté, de l’autre le sujet, et la rencontre des deux permet par une écoute profonde, intime, d’entendre, au-delà du discours du sujet, ce qui l’anime. Cela demande du temps, et l’humilité.

Pour Lacan, le langage est inscrit dans le corps. Nous en faisons l’expérience tous les jours : le langage induit des effets de corps, provoque des émotions, des pensées, des mouvements. Une parole qui rend compte d’une interprétation la plus proche de ce que vit la personne, va résonner dans le corps, et entrainer une différenciation d’avec la matrice de l’inconscient, ou d’avec l’imaginaire dans lequel le moi se fige. Car pour Lacan, le moi est dans l’imaginaire. C’est par la rencontre de l’autre, de l’altérité,  qu’il peut sortir de l’imaginaire.

Comme disait Robert Brès, il y a le réel, puis les nœuds que nous créons autour de ce réel par notre imaginaire. Et  le conflit arrive.

Actuellement, je travaille essentiellement en analysant les rêves. Le rêve est une barque, j’explore le fleuve qu’il emprunte, les courants, je regarde le paysage, les gens, les mouvements du rêveur, j’hume l’atmosphère, je complète le tableau avec les associations du rêveur. Je ne quitte pas cette barque, m’imprégnant de ses mouvements, de ses chaos, de ses entraves ou de ses libérations. Ça limite le risque de projections.

Puis enfin, lorsque le voyage sur cette barque est fini, je descends et ensemble, avec le rêveur, nous échangeons dans une tentative d’aller au plus près du sens du rêve, d’approcher ce mystère de la psyché humaine. Nous sommes trois dans l’analyse de rêve : le rêveur, l’analyste et le rêve.

Le travail de l’analyse consiste à rester au plus près du rêve, sans partir d’un savoir préconçu. Par l’écoute, il va proposer une interprétation qui naît de la confrontation du mouvement du rêve avec les associations du rêveur, tout en se préservant d’une position d’expert tout-puissant.

Le moi du rêveur (son instance consciente, rationnelle) est souvent séparé, clivé de l’inconscient comme je le disais tout à l’heure. Nous avons une vision unilatérale des choses, nous adhérons à un seul point de vue. 

A travers du connu, l’inconscient cherche à dire quelque chose d’inconnu au rêveur. Le symbole a une double réalité. En apparence, il est une représentation que le sujet connaît consciemment et dont il dispose du mot dans sa conscience. Mais en réalité, cette représentation connue véhicule un autre sens caché, une représentation inconsciente dont le sujet ne possède par le mot ni le concept, et qui n’a dès lors d’autre moyen de se manifester à lui que de s’adjoindre au signifiant connu de lui le plus à même de le suggérer. Il y a nécessité d’interpréter après coup le signifiant connu pour remonter à partir de lui consciemment à la représentation inconnue qu’il véhicule inconsciemment.

Ainsi le rêve tend à nous faire sortir de nos unilatéralités par sa fonction compensatrice :  voici un exemple

« C’est une réunion de chantier. En face de moi, un homme politique.  Avec nous, une femme de 45 ans et un enfant de 8 ans. La discussion porte sur le régime des indemnités qu’ils veulent réduire. »

La rêveuse, âgée de 57 ans, est en colère en permanence, contre tous et contre tout : sa mère, son ex-mari qu’elle a quitté à 45 ans, son boulot. L’an dernier, c’était contre son père. Cette femme est dans la plainte, elle se positionne en victime et réclame en permanence des réparations. Elle est bloquée dans cette position de victime, ne vivant pas sa vie, mais subissant les évènements, déversant le ressentiment accumulé depuis des années sur tout et tout le monde. Elle adhère à un point de vue unilatéral. L’association portant sur l’homme politique est intéressante, car celui-ci a permis le rapatriement sanitaire de son fils du Népal l’an dernier lors du tremblement de terre. Ses interventions sont donc constructives. Dans le rêve, il explique que les indemnités vont être diminuées. Donc la demande de dédommagements face à des préjudices subis par la rêveuse doit diminuer. Le rêve lui suggère de diminuer sa demande de réparation, diminuer sa plainte.

 

En guise de conclusion, les rêves dénoncent nos blocages, nos mécanismes de défense, nos fantasmes, et ils ouvrent aussi à des possibles, ou nous soutiennent.

Je m’appuie sur ce rêve d’un homme reçu peu avant sa mort :

« On m’a assigné une tâche presque trop difficile pour moi. Je dois découvrir une pièce de bois dure et lourde à demi enterrée dans la forêt. Il me faut ensuite en scier ou en découper un morceau circulaire puis y sculpter un motif qui doit être préservé à tout prix, comme représentant quelque chose qui ne se produit plus et risque d’être perdu. En même temps, je dois effectuer un enregistrement décrivant en détail ce qu’il est, ce à quoi il correspond, son sens complet. A la fin, l’objet lui-même ainsi que la bande seront donnés à une bibliothèque publique. Quelqu’un dit que seule la bibliothèque saura faire en sorte que la bande ne se détériore pas. »

Le rêve de cet homme, transmis par Marie-Louise Von Franz, qui a beaucoup travaillé sur les contes, m’a souvent accompagnée et réconfortée lors des moments difficiles de ma vie. Il est essentiel pour comprendre le sens de l’aventure humaine, il fait parti des rêves dont le sens nous touche tous. En cela, on pourrait dire que c’est un rêve collectif.

L’être humain émerge d’abord dans un inconscient collectif indifférencié (la grosse masse de bois dure). Nous ne sommes pas né à nous même psychiquement à notre naissance. A partir de cette masse indifférenciée de l’inconscient collectif, il s’agit de faire du différencié en coupant un morceau circulaire et en gravant un motif unique, C’est un travail difficile que la vie nous assigne. Le rêve dit qu’il faut conserver ce motif à tout prix car ce travail de différenciation d’avec l’inconscient est inestimable.

L’enregistrement correspond à la conscience qui a émergée de cette expérience humaine. Elle est unique. Cette conscience sera gardée dans une bibliothèque, dans l’inconscient collectif différencié et ce travail de conscience est consultable par d’autres. L’expérience humaine n’est donc ni vaine, ni absurde.  Elle est précieuse.

Ce rêve rejoint cette parole d’Erasme : « On ne nait pas homme, on le devient. » peut-être en sculptant notre motif unique, en réalisant notre originalité, et en faisant un travail de conscience.

 

Florence MOUREIRAS

XXIX èmes Journées Vidéo-Psy

Le 21-22-23 Mars 2017

Organisées par le C.R.A.P.S

(Dr R.BRES), le groupe Vidéo-psy et le CHU de  Montpellier, au grand amphi de l'Institut de Formation et des Ecoles du CHU de Montpellier.

Les journées sont gratuites et ouvertes aux personnels de santé et aux partenaires sociaux sans inscriptions préalables.